Atmo PACA - Air et pollution

L'air et la pollution

Le point de vue de la météo : l'air sain c'est une question de souffle

Photo : Isabelle Barret, déléguée départementale de Météo France pour les Bouches-du-Rhône.

La température comparée de la terre et de la mer, comme les différences de pression atmosphérique, induira tel ou tel vent, qui dispersera ici ou là les polluants. Le pire c'est quand aucun vent ne souffle. Le mieux c'est quand le mistral est de la partie.

Quelle situation climatique est propice à la pollution de l'air ?

C'est la situation anticyclonique, sans vents, qui favorise la concentration des polluants dans les basses couches de l'atmosphère, au plus près du sol. Dans ce cas de figure, qui n'est pas rare en hiver, en Provence, l'air est assez froid au sol, dense, stable. Stable, ça signifie qu'il n'y aura pas de vent, et que les polluants vont s'accumuler, d'autant plus qu'en altitude l'air sera plus chaud qu'au sol, les empêchant de s'élever.

Et à l'inverse, quel temps assure la dispersion de ces polluants ?

Quand l'air est plus chaud près du sol, il est moins dense, et donc plus instable. Il y a alors du vent, plus ou moins violent. Quand le vent n'est pas trop fort, les polluants s'évacuent suivant un cône de dispersion ; quand il est puissant, il chasse les polluants en altitude, où ils se disperseront.

Pourquoi y a-t-il du vent, et pourquoi souffle t'il parfois de la mer, parfois de la terre ?

Le vent, au fond c'est souvent une réaction thermique qui, dans notre région, dépend de la température de la mer, en rapport avec celle de la terre. Quand, durant la nuit, la température de la terre devient plus froide que celle de la mer, l'air maritime aspire en quelque sorte l'air terrestre, le vent souffle vers la mer où il pousse les polluants, c'est la brise de terre. Puis vers la fin de la matinée, la terre s'est réchauffée, sa température devient plus élevée que celle de la mer, et l'air terrestre attire à son tour l'air maritime, le vent souffle alors vers l'intérieur des terres, c'est la brise marine, qui fait remonter les polluants vers l'intérieur.

Et en montagne, loin de la mer ?

Là, ce sont les sommets qui s'échauffent plus vite que les vallées, l'air est donc aspiré vers le haut dans l'après-midi. Puis le sommet se refroidit plus vite que les vallées durant la nuit, et alors le vent fait le chemin inverse, du sommet vers les vallées.

Quelle est l'action du mistral ?

Quand il souffle, les polluants sont dispersés, c'est le meilleur cas de figure pour la qualité de l'air. C'est un vent de Nord Ouest, il souffle donc vers le Sud Est, mais selon des angles qui varient selon les jours. Il peut donc être plus fort ici un jour, plus fort ailleurs un autre jour.

Des micro climats protègent-ils certaines régions du transport de polluants ?

Les micro climats, pour un météorologue, ça n'existe pas. Les différences de température terrestres ici et là vont induire des vitesses différentes du vent, selon les jours. Ce vent va rencontrer d'une certaine façon des reliefs en fonction de sa vitesse, et certains endroits seront plus protégés tel jour, alors que d'autres lieux le seront plus tel autre jour.