Les particules fines

Les particules fines dans l’air ambiant – un polluant complexe et multi-sources

Dans le cadre du Plan Régional Santé Environnement 2009-2013, de la région Provence Alpes Côte d’Azur, Air PACA en partenariat avec l’Agence Régionale de Santé regroupe l’ensemble des connaissances aujourd’hui disponibles sur les particules fines en région PACA. A terme, il s’agit de constituer une culture commune sur ce sujet complexe, en intégrant progressivement toutes les approches sectorielles : technique, surveillance, sanitaires, sociétale, …

Les particules fines mesurées dans l’air ambiant :

Les particules fines, dont Air PACA assure la surveillance, sont des « poussières » solides ou hydratées en suspension dans l’air, à l'exclusion des gouttelettes de nuages, des cristaux de glace et de la pluie.

Les particules fines en suspension constituent un ensemble vaste et hétérogène de substances, organiques, inorganiques, minérales, ioniques, primaires, secondaires…. La complexité des particules nécessite d’améliorer nos connaissances sur les processus à l’origine de cette pollution particulaire. Les nombreuses études en cours (renvoi fin de page) permettent de mieux comprendre l’origine de cette pollution en fonction des territoires et des zones impactées.

Deux tailles de particules fines sont réglementées et surveillées en région PACA :

Les particules fines PM10 – dont le diamètre est inférieur à 10 µm, soit 7 fois plus fins que l’épaisseur d’un cheveu.

Les particules très fines PM2.5 – dont le diamètre est inférieur à 2.5 µm.

Les sources de particules dans la région PACA sont multiples

Les émissions en particules fines PM10 dans la région PACA sont réparties entre 4 principaux secteurs :

Les deux majoritaires sont le « Transport routier » avec 28% et l’«Industrie et traitement des déchets » avec 27%.
Les 20 % du secteur « Résidentiel tertiaire » sont essentiellement issus du chauffage et des combustions du bois.
Le secteur « Agriculture, sylviculture et nature » représente 18 % des émissions.

Plus d'infos
Pour connaitre les émissions de votre commune.

 

Impact sur la santé

Appareil respiratoire et pénétration des particules

Les effets sur la santé sont une altération de la fonction respiratoire chez l'enfant en particulier, une irritation des voies respiratoires inférieures, des effets mutagènes et cancérogènes (dus notamment aux hydrocarbures aromatiques polycycliques, ou HAP, adsorbés à sa surface) et une mortalité prématurée. Les particules sont un cofacteur de la bronchite chronique en cas d'exposition prolongée.
Les conséquences sanitaires dépendent de la taille des particules. Les particules d'une taille supérieure à 10 µm sont bloquées dans les voies aériennes supérieures de l'arbre respiratoire. Les particules de taille inférieure pénètrent plus profondément, dans les poumons, où leur impact sur la santé est plus important. Les particules les plus fines, notamment, peuvent traverser la membrane pulmonaire et se retrouver dans le sang. De là, elles peuvent avoir un impact sur le système cardio-vasculaire (augmentation du risque d'infarctus...).

La perte moyenne d’espérance de vie liée à cette pollution est estimée à 9 mois par personne en France . En PACA, plus de 800 000 personnes vivent dans une zone dépassant une valeur limite pour la protection de la santé.

Plusieurs composés présents dans les particules font également l’objet d’une surveillance, en raison de leur impact sanitaire avéré :

Métaux Lourds (Nickel, Plomb, Cadmium et Arsenic), télécharger les résultats sur l'ouest de l'étang de Berre et sur le reste de la région PACA

Benzo(a)pyrène , télécharger les résultats sur l'ouest de l'étang de Berre et sur le reste de la région PACA

Pollution aux particules en PACA, pourquoi des indices plus élevés en 2012 ?

La dégradation de la qualité de l’air observée en ce début d’année 2012 est la conséquence de deux phénomènes conjoints :

un durcissement de la réglementation sur les particules en suspension, entrée en vigueur au 1er janvier 2012, lire l'arrêté préfectoral

Des conditions météorologiques favorables à l’accumulation des polluants entrainent un épisode de particules , comme au début de l'année 2012..


Pourquoi la réglementation change-t-elle le 1er janvier 2012 ?

Les effets sur la santé des particules en suspension sont de mieux en mieux connus : trouble des fonctions respiratoires et cardio-vasculaires, mortalité prématurée…
Aujourd’hui l’exposition chronique aux particules même à des concentrations modérées a un impact sanitaire avéré.
Cette nouvelle réglementation vise à limiter les risques sanitaires liés à l’exposition chronique des populations et s’aligner sur la valeur limite européenne en terme de pollution par les particules (50 µg/m3 journaliers à ne pas dépasser plus de 35 jours/an).

Quelle conséquence pour votre information quotidienne ?

Les particules en suspension ont désormais un poids plus important dans l’indice ATMO. Cela signifie qu’avec la nouvelle grille de calcul, il y aurait eu 9 fois plus d’indices « mauvais » en 2011.

Fréquence des indices de qualité de l’air sur une année avec l’ancienne grille de calcul ( 3 année d'indices sur Marseille)

Fréquence des indices de qualité de l’air sur une année avec la nouvelle grille de calcul (3 années d'indices sur Marseille)

Désormais un indice de particules MEDIOCRE en 2011 sera considéré comme MAUVAIS en 2012

Quelles sont les actions menées sur le territoire pour lutter contre la pollution chronique ?

Pour les collectivités et l’État, des mesures complémentaires sont déjà programmées :

Les seuils d’information et d’alerte pour les particules seront abaissés à partir de cette année (Le seuil d’information passera de 80 µg/m3 à 50 µg/m3 - le seuil d’alerte passera de 125 µg/m3 à 80 µg/m3 -Arrêté préfectoral en cours). Cela entrainera un plus grand nombre de jours de pollution aux particules : on passera d’environ 5 jours par an à 20 fois plus.

Des mesures nationales ont été engagées dans le cadre des lois Grenelle. Un Plan particules a été mis en place en juillet 2010 afin de réduire les émissions. Un premier bilan a été présenté fin novembre (en savoir plus )

Au niveau régional, la révision des Plans de Protection de l’Atmosphère (PPA) est en cours d’élaboration sur les zones visées par le contentieux européen (Bouches-du-Rhône, agglomérations de Nice, Toulon et Avignon) afin d’engager des mesures spécifiques à ces territoires.

Dans les grandes agglomérations, des Zones d’Action Prioritaires sur l’Air (ZAPA) sont en cours de réflexion afin de tester des solutions innovantes pour l’amélioration de la qualité de l’air.

Sur quoi doit-on agir en priorité pour réduire les émissions de particules ?

Parmi les mesures préconisées, citons quelques actions intégrées aux plans nationaux et régionaux :

Le secteur résidentiel qui va devoir mieux maitriser ses émissions. Les installations de chauffage, au bois et au fuel notamment, seront mieux contrôlées,

L’interdiction de brûlage des déchets verts (pour les particuliers et les professionnels) est rappelée aux maires et la plupart des dérogations seront supprimées, (Circulaire du 18 novembre 2011) .

Les filtres à particules sur véhicules diesel devront être généralisés,

Des solutions d’arrosage devront être mises en œuvre dans les carrières…

Liste des études menées sur les particules en PACA

Air PACA travaille à l’amélioration des connaissances sur les particules fines en suspension sur la Région PACA, de nombreuses collaborations sont en cours et se poursuivent avec plusieurs acteurs institutionnels et scientifiques sur cette thématique complexe.

Les études finalisées

Les études en cours

Autres travaux